RE_Animator

Vernissage: Vendredi 5 juillet à 18h30

Exposition: Du 6 au 20 juillet, puis du 31 août au 21 septembre 2019


Avec les œuvres de la collection d’art de l’État de Neuchâtel


Dans une collection, il y a toujours des œuvres étranges, des pièces issues des lubies de ceux qui les ont acquises. Souvenirs, coups de cœurs ou fragments d'amitié, elles s'invitent dans un corpus au gré d'occasions aujourd'hui intraçables, surgissant des cimaises comme autant de curiosités. Et quand une collection est d'abord d'agrément pour une administration désirant habiller ses locaux, avant d'être plus étroitement contrôlée par le Service de la culture, elles ne manquent pas.

En convoquant la figure du savant-fou, Smallville ressuscite, pour cet angle mort dans « la visite aux quatre coins de la collection de l'État », ces pièces folles qui surnagent dans une mer de couleurs et de formes convenues. En pénétrant l'espace, tout devient plus clair. La mise en scène elle-même est en mutation, en décalage de perspective pour devenir le support adéquat de ces peintures et sculptures hors du temps, des codes et des normes qui fixent l'art dans une période donnée.

Entre l'autoportrait de Charles Humbert, envisagé comme le maître d’œuvre involontaire de cette scénographie orientée SF ou cette vue onirique et naïve du Château de Neuchâtel, planté au milieu d'une nature indistincte par Zorica Popović, la scénographie de ces pièces savoureuses d'originalité vogue allégrement de la figuration à l'abstraction, du conceptuel au réaliste, sans hiérarchie, mais avec une réelle volonté de réanimer des travaux inimitables.

Inspirée du film Re-Animator de Stuart Gordon (USA, 1985), où le savant fou Herbert West tente de vaincre la mort grâce à un élixir de sa composition, cette exposition permet en outre au public de découvrir des facettes oubliées ou méconnues d'artistes de la région, comme Claude Loewer et cette « Vieille auto 1900 » ou ce probable autoportrait de Charles L'Eplattenier, daté de 1920. Ajoutons-y des dessins enfantins, quelques commandes ciblées (par exemple pour le Service des automobiles), des décors de théâtre et de la tapisserie pour que le portrait soit complet.

Véritable « Salon des indépendants », occupé par de très nombreux anonymes, la sélection d’œuvres proposée par Smallville permet d'apprécier cette collection d'État par un prisme inhabituel, une loupe que la plupart des conservateurs hésiterait à utiliser sans précautions, ce qui confère à cette exposition un profond caractère d’entièreté et d'honnêteté.

Smallville bénéficie d'un soutient exceptionnel du Canton de Neuchâtel pour cette exposition



A collection always has its strange works, its pieces acquired to satisfy the whims of a collector. Keepsakes, favorites, or fragments of friendship, they invite themselves in at moments now untraceable, emerging like curiosities from its picture rails. And when a collection has been assembled by an administrative body looking to dress up its premises before being more closely inspected by the Department of Culture, one can be certain there will be no shortage of them.

By summoning the figure of the mad scientist, Smallville will resurrect these mad works floating in a sea of conventional colors and forms, to bring to light the blind spots in the habitual “visit to every corner of the State’s collection.” Everything becomes clearer once you enter the space. Its very staging is in mutation, out of step with perspective to properly exhibit these paintings and sculptures that exist beyond the time, rules, and norms which usually govern a given period’s artistic production.

From the self-portrait of Charles Humbert, who serves as the unintentional head of this sci-fi-oriented exhibition scenography, to Zorica Popović’s naive and oneiric vision of the Castle of Neuchâtel settled in indistinct nature, the scenography that brings these delectably original pieces together drifts blithely from figuration to abstraction, from the conceptual to the realistic, free of hierarchy but with a real desire to reanimate the inimitable works on display.

Inspired by Stuart Gordon’s film Re-Animator (USA, 1985), where a mad scientist named Herbert West attempts to triumph over death with an elixir of his creation, this exhibition will also show the public some of the region’s ignored or forgotten artists, such as Claude Loewere and his Old Car 1900, or what is likely a 1920 self-portrait by Charles L’Eplattenier. Not to mention some childlike drawings, a few targeted commissions (by the Swiss Vehicle Service, for example), as well as theater decorations and tapestries to complete the picture.

This selection of works proposed by Smallville, truly a “Salon des Indépendants” filled with numerous anonymous painters, will allow visitors to appreciate this State collection from an unusual perspective, a magnifying glass most curators would hesitate to use without caution, promising to dote the exhibition with a deep sense of fullness and honesty.

Smallville has received exceptional financial support from the Canton of Neuchâtel for this exhibition.

Trad: Jeremy Cohen