Instant Pleasure
Mathias Pfund

Une exposition "hors les murs" sur le Giratoire de l'espace de l'Europe, Gare de Neuchâtel (sortie sud)

Vernissage: A l'ouest de la tour de l'OFS, samedi 30 septembre 2017 à partir de 18h
Exposition: 31 septembre au 21 octobre 2017


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Une pluie fine mouille les parois du clitoris de Mathias Pfund. Elle caresse le polystyrène recouvert de latex et transforme miraculeusement le vernis pour bateau en Durex Play.

La sculpture, dont la silhouette moderniste évoque un cul-de-jatte qui se retourne brusquement, comme sifflé depuis le café voisin, dévoile sans pudeur la forme globale de l’organe de l’appareil reproducteur féminin. Véritable leçon d’anatomie pour les nuls et pour bien d’autres encore, Instant Pleasure était conçu à l’origine comme une sculpture-fontaine capable de « squirter » l’eau calcaire du chef lieu au beau milieu de la place de l’Europe.

Le latex et le vernis pour bateau ont depuis bien longtemps remplacé l’électrum, ce matériau capteur d’éclair et d’énergie cosmique qui recouvrait jadis les mégastructures phalliques de l’Antiquité. Discrète, cette deuxième version, plus soft, échappera à coup sûr à la foudre des critiques. En effet, Instant Pleasure évite habilement de choquer. La polémique se dégonfle comme Strengthlessness, l’obélisque de l’artiste colombien Ivan Argote, qui débande tragiquement dans la cour du Museo de Arte de Zapopan au Mexique.

Depuis la rentrée, le clitoris fait son coming-out dans les manuels scolaires pour la première fois de son histoire. La maison d’édition Magnard retravaille ses schémas explicatifs et redonne ainsi un plus grand réalisme anatomique à ce petit saint des saints (sanctum sanctorum).

Comme un iceberg mis à nu, hélitreuillé dans les airs, Instant Pleasure expose fièrement ses formes aux pendulaires et autres usagers de la gare de Neuchâtel en ce début d’automne.

“Un clitoris de rond-point pour faciliter les transports“
Citation anonyme