La forme délirante et le sujet automate
Une exposition de Juliette Blindmann & Karl Heinrich Artschwarz

Vernissage: Vendredi 25 octobre à 18h30

Exposition jusqu'au 16 novembre 2019


Au cœur de l’hiver glacial, Ophélie Winter fait sa première apparition publique à Boulogne Billancourt pendant que James Turrell survole les cratères desséchés de l’Arizona. Nixon, lui, dynamite sa carrière à la Maison blanche, coulé par le Watergate. Le ciel se voile. Le millésime 1974 sera mauvais pour le vin. Mauvaise période également pour Captain Marvel qui découvre, après plusieurs mois passés sur une lune de Saturne, qu'il est atteint d'un cancer des poumons, provoqué par le « composé 13 ». Il l'avait inhalé par mégarde lorsqu’il empêcha le super-vilain Nitro de dérober une bonbonne de ce gaz toxique.

Cette même année verra la naissance des deux artistes concepteurs de la nouvelle exposition présentée à Smallville pour sa rentrée automnale : la bernoise Juliette Blindmann* et le berlinois Karl Heinrich Artschwarz**, dont les noms pourraient évoquer le bestiaire de DC Comics. Réunis pour la première fois au sein d’un artist run space, la radicalité des deux plasticiens va faire des dégâts. Mobilier mitraillé, monochromes figuratifs noirs aux traits démoniaques et linges de cuisine peints, le tout piégé dans un décorum aliénant, seront au menu. Le Gombrich fume, il va bientôt s’enflammer. Tout est dit, tout est fait. La mode est à la collapsologie, aux temps apostoliques.

Dans une ambiance à la Christopher Nolan, notre destin semble scellé. Vengeur, Le terroriste Bane a vidé l’asile d’Arkham et projette d’autres destructions massives. Après Gotham city, Smallville devrait en payer les frais.

Proposition sombre, vision proche du pessimisme le plus profond, teinté d’une goutte d’humour noir, ce projet intervient dans un contexte environnemental et sociétal qui sent l’acajou amer carbonisé. La forme délirante et le sujet automate évoque une forme de fin, les temps modernes, la machine qui se détracte rendue folle par une cadence infernale. Un présent devenu dément aux trousses d’un futur dystopique, qui vraisemblablement va exploser en mille morceaux, fracassé contre la cimaise d’une exposition dans une téléologie catastrophique.


*Juliette Blindmann
Née le 28 juillet 1974 à Blainville-Crevon
Vit et travaille à Berne

*Karl Heinrich Artschwarz
Né à Trèves, en Allemagne, le 5 mai 1974
Vit et travaille à Berlin

In the middle of the coldest months, Ophélie Winter makes her first public appearance in Boulogne Billancourt as James Turrell flies over the desiccated craters of the Arizona landscape. As for Nixon, he’s just been taken down by the Watergate scandal and his career is in shambles. The sky clouds over. 1974 will be a bad vintage for wine. A bad year for Captain Marvel, too, who, after spending months on one of Saturn’s moons, has just found out he has lung cancer, caused by “Compound 13.” He mistakenly inhaled its toxic gas while stopping Nitro, a super villain, from stealing a cylinder full of it.

Two artist-designers featured in Smallville’s new Fall exhibition also happen to have been born during this very year: the Bernese Juliette Blindmann* and the Berliner Karl Heinrich Artschwarz**, whose names almost bring to mind something out of the DC Comics universe. Brought together for the first time in an artist-run space, the radical work of these two visual artists is sure to wreak some serious havoc. On the menu: strafed furniture, black monochrome figurative paintings with demonic features and painted kitchen linens, the whole thing ensnared in alienating decorum. A copy of a Gombrich text is smouldering, and soon it’ll burst into flames. Anything goes. Collapse is in the air and the times are apostolic.

In this Christopher Nolan-esque atmosphere, our fate seems set in stone. Bane, the vengeful terrorist, has emptied the Arkham Asylum and is planning further acts of mass destruction. Now that Gotham City has been hit, Smallville will likely be next.

A bleak proposal, a vision of dark pessimism tinted with a drop of black humor, this project was conceived in a social and ecological context that smells of bitter burnt mahogany. The delirious form and the automaton subject calls to mind a kind of ending, modern times, the detracting machine driven crazy by its own hellish pace. A present tense turned demonic, riding on the heels of a dystopian future which by all accounts will shatter into a thousand pieces, smashed into the exhibition’s center following a catastrophic teleology.


* Juliette Blindmann
Born on July 28, 1974 in Blainville-Crevon
Lives and works in Bern

** Karl Heinrich Artschwarz
Born in Trier, Germany, on May 5, 1974
Lives and works in Berlin