Parade de monstres
Une exposition de Jon Merz

Vernissage: Samedi 15 décembre
Exposition: Du 16 décembre au 5 janvier



L'atmosphère devient électrique. Le ton monte dangereusement dans la cuisine située Sulgenauweg 52 à Berne.

Sur le feu, la munition de 5,6mm chauffée à blanc se craquelle et laisse échapper de petites flaques opalines. Le poly-mimétique T-1000 qui donna du fil à retordre à Arnold Schwarzenegger dans Terminator 2 semble ressusciter une énième fois.
Sans se soucier des émanations toxiques, des mains sales, préadolescentes, s'agitent en tout sens. Fières d'avoir fouillé le sol meuble du stand de tir pour en extraire les projectiles couleur terre de Sienne, elles couleront bientôt le plomb devenu liquide dans des coquilles d'escargot vide.

L'état de fusion est atteint.

Une petite langue lèche avidement une boule de glace à la fraise qui ruisselle le long d'une poubelle publique du centre ville qui arbore l’aigle des armoiries neuchâteloises.

Qu'il s'agisse d'aller emprunter Terminator 2, Predator, Running man sur la rangée de films qui cache la collection de VHS Plaisirs entre hommes chez feu Michel Christin* ou encore de détourner un petit cours d'eau dans le Val de travers, Jon Merz, avant d'être un peintre contemporain qui vit entre Berlin et Haugesund en Norvège, est avant tout un enfant de Smallville.

*acteur du court métrage La Licorne réalisé en 2007 par Renaud Loda, Jon Merz et Sebastian Verdon, décédé en 2010.


The atmosphere is electric. The conversation has become dangerously heated in the kitchen located at Sulgenauweg 52, in Bern.

White-hot 5.6-millimeter ammo crackles and lets off a few small opaline-colored puddles. The T-1000 mimetic polyalloy that gave Arnold Schwarzenegger such a hard time in Terminator 2 seems to have come to life yet again.

Dirty, pre-adolescent hands are waved around in every direction, free from worry about any toxic emissions. Proud to have rummaged through the loose dirt on the shooting range floor to extract its Sienna-colored projectiles, these same hands will soon pour the lead turned molten into empty snail shells.

A state of fusion has been reached.

Downtown, a small tongue greedily licks a scoop of strawberry ice cream streaming down the side of a public trash can, which bears the eagle of the Neuchâtel coat of arms.

Whether he’s borrowing Terminator 2, The Predator, or Running Man from the row of films that hide the VHS collection Pleasure Among Men in the home of the late Michel Christin*, or rerouting a waterway in the Val-de-Travers, Jon Merz—though also a contemporary painter who lives between Berlin and Haugesund, in Norway—is above all a child of Smallville.

*actor in the The Unicorn, a 2007 short film by Renaud Loda, Jon Merz, and Sebastian Verdon, who passed away in 2010.

Trad: Jeremy Cohen