Paul

Oberhausen en Allemagne. Paul semble de mauvaise humeur. Au souper, bougon, il n’a pas voulu toucher au homard, ni même au moules pourtant déjà décortiquées. Aucune envie de faire bonne figure malgré la présence de nombreux journalistes et d’officiels. Son regard est fuyant et il ne veut voir personne. Derrière la vitre, on dirait même qu’il se cache en boule, prostré derrière les hydrocotyles ondulantes.

Les nombreuses menaces reçues après la défaite de l'Allemagne face à l'Espagne en demi-finale semblent l’avoir laissé acariâtre, au seuil de la paranoïa. Il sait que sa carrière touche à son terme. On annonce déjà son successeur, un arriviste de la région de Montpellier.

Son estomac se réveille. Paul sort enfin de sa cachette. Il soulève avec une grande dextérité le couvercle des récipients transparents percés de trous.
Drapeau jaune et bleu avec un flingue ou drapeau italien ?

À vrai dire, il s’en fiche un peu. Paul est toujours maussade.
À ce stade, à moins d’être devin, personne ne sait encore que vers quel cube de plexiglas la pieuvre mâle, surnommé l’oracle d’Oberhausen, va se tourner.